20130902 One Day Without Leeteuk

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“A toi ! L’obsession…… prends soin de toi.

«Beaux yeux, charmeurs savants, flambeaux de notre vie,
Parfum, grâce, front pur, bouche toujours ravie,
Ô vous, tout ce qu’on aime ! Ô vous, tout ce qui part !
Non, rien ne meurt de vous pour l’âme inassouvie
Quand vous laissez la nuit refermer son rempart
Sur l’idéal perdu qui va luire autre part.

Beaux yeux, charmeurs savants, clairs flambeaux ! Dans nos veines,
Pour nous brûler toujours du mal des larmes vaines,
Vous versez à coup sûr tous vos philtres amers.
Nous puisons aux clartés des prunelles sereines,
Comme au bleu des beaux soirs, comme à l’azur des mers,
Le vertige du vide ou des gouffres ouverts.

Front pur, grâce, parfum, rire ! En nous tout se grave,
Plus enivrant, plus doux, plus ravi, plus suave.
Des flots noirs du passé le désir éternel
Les évoque ; et sur nous, comme autour d’une épave
Les monstres de l’écume et les rôdeurs du ciel,
S’acharnent tous les fils du souvenir cruel.

Tout ce qu’on aime et qui s’enfuit ! Mensonges, rêves,
Tout cela vit, palpite, et nous ronge sans trêves.
Vous creusez dans nos coeurs, extases d’autrefois,
D’incurables remords hurlant comme les grèves.
Dites, dans quel Léthé peut-on boire une fois
L’oubli, l’immense oubli ? Répondez cieux et bois !

Non, rien ne peut mourir pour l’âme insatiable ;
Mais dans quel paradis, dans quel monde ineffable,
La chimère jamais dira-t-elle à son tour :
” C’est moi que tu poursuis, et c’est moi l’impalpable ;
Regarde ! J’ai le rythme et le divin contour ;
C’est moi qui suis le beau, c’est moi qui suis l’amour ? ”

Quand vous laissez la nuit se refermer plus noire
Sur nos sens, quel gardien au fond de la mémoire
Rallume les flambeaux, et, joyeux tourmenteur,
Nous montre les trésors oubliés dans leur gloire ?
Quand nous donnerez-vous le repos contempteur,
Astres toujours brillant d’un feu toujours menteur ?

Cet idéal perdu que le hasard promène,
Un jour, là-haut, bien loin de la douleur humaine,
L’étreindrons-nous enfin de nos bras, dans la paix
Du bonheur, dans l’oubli du doute et de la haine ?
Ou, comme ici, fuyant dans le brouillard épais,
Nous crîra-t-il encor : plus loin ! Plus tard ! Jamais !

Oui, nous brûlant toujours d’une flamme inféconde,
Rire enivré, doux front, parfum, grâce profonde,
Tout cela vit, palpite et nous ronge de pleurs.
Mais dans quelle oasis, en quels cieux, sur quel monde,
Au fond de la mémoire éclorez-vous ? ô fleurs
Du rêve où s’éteindra l’écho de nos douleurs !»

Léon DIERX   (1838-1912) Obsession”

***

“For you ! The Obsession…. Take care of you.

«Beautiful eyes, skillful charmers, torches of our lives,
Fragrance, grace, pure forehead, mouth always happy,
O you, everything we love ! O you, everything which leaves !
No, nothing dies from you for unfulfilled soul
When you let the night close its shield
On the lost ideal that will shine somewhere else.

Beautiful eyes, skillful charmers, bright torches ! In our veins,
To always burn us from struggle of vain tears,
You pour for sure all your bitter potions.
We draw from the lights of serene pupils,
Like from blue of beautiful night, like from azure of seas,
Vertigo of emptiness or open abyss.

Pure forehead, grace, fragrance, laugh ! In us all engrave,
More intoxicating, sweeter, happier, smoother.
From black waves of past the eternal desire
Recalling them ; and on us, as around a wreck
Monsters of foam and rangers of the sky,
Desperately attempt all strings of the cruel memory.

Everything that we love are running away ! Lies, dreams,
All of these are living, throbbing, and are eating into us without truces.
You dig in our hearts, ecstasies of olden times,
I
ncurable remorses screaming like strikes.
Say, in which Lethe can we drink once
The forgetting, the immense oblivion ? Answer skies and woods !

No, nothing can die for the unfulfilled soul ;
But in which paradise, in which ineffable world,
The chimera never does say in turn :
“It’s me that you pursue, and it’s me the impalpable ;
Look ! I got the pace and divine contour ;
It’s me who is the beauty, it’s me who is the love ?

When you let the night close darker
On our senses, which guardian of background memory
Relights torches, and, joyful tormentor,
Shows us treasures forgotten in their glory ?
When will you give us a contemptuous rest,
Stars always b
right from a fire always lying ?

This ideal lost walking by the luck,
One day, up there, far from human pain,
Will we finally embrace it in our arms, in peace
Of h
appiness, in oblivion of doubt and hate ?
Or, as here, running away in thick fog,
W
ill it shout again to us : further ! Later ! Never !

Yes, we still burning from an infertile flame,
Intoxicated l
augh , soft forehead, fragrance, profound grace,
All of this are living, quivering and consuming us to tears.
But in which oasis, in which heaven, in which world,
At the bottom of memory will you bloom ? O flowers
From t
he dream where will die echo of our pain !»

Léon DIERX   (1838-1912) Obsession”

Comeback D-328

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